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WANO : World Association of Nuclear Operators

1. WANO : Mission, objectif
WANO est une organisation internationale à but non lucratif. Elle a pour objectif de pousser au plus haut niveau la sûreté et la fiabilité des centrales nucléaires dans le monde entier par la collaboration entre ses membres, avec échange systématique d’informations, soutien mutuel, mettant à profit le « retour d’expérience », établissant une émulation pour les meilleures pratiques.
Les membres de l’organisation sont principalement des propriétaires et des exploitants de centrales nucléaires, et aussi des organismes pour lesquels la sûreté nucléaire est un élément majeur de leur activité.
Ils signent une charte définissant leur engagement à l’objectif collectif, leurs obligations.
De fait, toutes les centrales électriques nucléaires du monde sont membres de WANO.
Le CEO de WANO nous a écrit :
“WANO ne se concentre que sur la sûreté et la fiabilité nucléaires. Nous ne plaidons pas pour la technologie nucléaire. C’est une décision de nos membres, et la raison sans doute pour laquelle WANO est si peu connue.”

 

2.    Origine et place de WANO
La sûreté des centrales nucléaires repose au début des années 1980 essentiellement sur la responsabilité des constructeurs et exploitants, sur les Autorités de sûreté nucléaires nationales, et sur l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont toute une partie de l’activité a pour but d’aider ses Etats Membres dans les applications pacifiques de l’énergie nucléaire.

Survient Tchernobyl en 1986.
Il est clair que l’absence d’Autorité de sûreté indépendante en Union Soviétique en est une cause majeure.
Pourquoi alors a-t-on créé un rouage supplémentaire ? La gravité de l’évènement a conduit à réfléchir, et à l’idée simple : l’utilité qu’aurait une concertation systématique entre les opérateurs des centrales nucléaires du monde entier. Comment, entre 1986 et 1989, ses instigateurs ont-ils réussi à convaincre tous les exploitants des centrales commerciales du monde produisant de l’électricité nucléaire, de se concerter systématiquement ? En les assurant que leurs échanges resteraient privés ; à l’exception de documents de synthèse reconnus comme d’intérêt commun. Ainsi est née WANO, World Association of Nuclear Operators.

WANO, en particulier, vise à faire que chacun, chaque exploitant puisse reproduire chez lui la meilleure solution observée chez ses confrères, et éviter que se reproduisent chez lui les accidents ou incidents que certains auront vécus et signalés.

Cliquer pour agrandir

Relations Autorités - AIEA - WANO - Opérateurs

 

La figure ci-contre, a été présentée à la Convention SFEN de 2012, peu après Fukushima, par Laurent Stricker, alors Chairman de WANO. Elle montre la plupart des organismes intervenant dans la sûreté. Elle est  un peu ancienne, suggère plutôt qu’elle ne décrit de façon précise, mais elle est intéressante.
L’AIEA (en anglais IAEA), est au centre, elle est dans tout le nucléaire pacifique.
Ce qui est à gauche, ce sont :

  • les autorités de sûreté nationales et leurs associations de concertation, et
  • des groupes de réflexion  sur les grandes idées de réacteurs du futur.

Ce qui est à droite, ce sont les opérateurs d’installations nucléaires :

  • du cycle du combustible,
  • des réacteurs, ici les centrales électrogènes, toutes membres de WANO,
  • du traitement des déchets radioactifs, dont cette figure ne parle pas.

On va le voir, WANO, comme association d’opérateurs, a comme personnel des gens détachés gratuitement des centrales, s’imposant l’entraide pour produire de l’électricité dans les conditions nominales, en respectant toutes le règles imposées, essentiellement :

  • par les autorités de sûreté (colonne de gauche), et
  • par les textes établis dans le cadre de l’AIEA (colonne du milieu) par les représentants des Etats Membres : les familles de standards de sûreté, des Conventions ayant valeur de traités.

WANO n’est pour rien dans l’établissement de ces règles, sauf pour transmettre l’infomation sur les « retours d’expérience »  (lessons learned).


Ainsi, si l’on entre dans quelques détails :
Sur la gauche : NAT REG, bien sûr, veut dire National Regulators, l’ASN en France, avec :

  • INRA, International Regulators Association
  • MDEP., Multi Design Evaluation Programme (réflexion sur de nouveaux types de réacteurs)
  • WENRA, Western European Nuclear Regulators Association, constituée à l’initiative d’André-Claude Lacoste, instance de concertation entre les Autorités de sûreté nationales d’une région du monde.

Sur la droite :

  • INPO, Institute of Nuclear Power Operation, semblable à WANO pour les Etats-Unis et qui existait avant WANO, apporte à WANO toutes les informations sur les évènements survenus dans les centrales de ce pays,
  • WNA, World Nuclear Association, qui fait la promotion de l’énergie nucléaire, y compris le cycle du combustible et les transports,
  • NEI, Nuclear Energy Institute, qui promeut aussi l’énergie nucléaire.
  • On n’est pas étonné qu’en 2012, avec Fukushima encore tout proche, WANO ait inclus ici 5 organisations japonaises. Nous connaissons bien le JAIF, Japan Atomic Industrial Forum.
  • Nous aurions pu en ajouter un, JNO, Japan Nuclear Operators, qui apporte maintenant à WANO les informations des opérateurs des centrales japonaises.

3.    Organisation de WANO

 

 

3.1    Structure

Ingemar Engkvist

On pourra avoir un apercu de l'organigramme  ici   

 

WANO est dirigée par

  • un Chief Executive Officer, actuellement Ingemar Engkvist,
  • un Conseil d’administration dont le président est actuellement Tom Mitchell..

WANO comprend :

  • un établissement Central à Londres où sont fixés les orientations stratégiques et les programmes - avec bien sûr l’administration, la communication centrale et les relations avec les autres organisations internationales comme l’AIEA,
  • des « Centres régionaux ». Nous mettons des guillemets car la géographie est parfois biscornue !

 

 

Chaque membre de WANO, c’est-à-dire chaque société propriétaire ou exploitant - ou se préparant à exploiter - une ou plusieurs centrales nucléaires, doit se rattacher à au moins un des Centres régionaux, qui lui apportera les services de WANO, son assistance, et l’accès au site privé de WANO (qui est en fait tenu par Londres, comme on le verra plus loin).
Ce sont :

  • Atlanta : services et assistance aux membres WANO des pays suivants : Afrique du sud, Canada, Chine, Emirats Arabes Unis, Etats-Unis, Mexique,
  • Moscou : Arménie, Belarus, Bulgarie, Chine, Hongrie, Inde, Iran, République tchèque, Russie, Slovénie, Turquie, Ukraine
  • Paris : Allemagne, Argentine, Belgique, Brésil, Chine, Espagne, Finlande, France, Pays-Bas, « Royaume-Uni », Slovénie, Suède, Suisse,
  • Tokyo : Chine, Corée du sud, Inde, Japon, Pakistan, Taïwan.

Il faut ajouter à cela un bureau récemment créé à Shanghai dont la fonction est présentée à la fin de cet article (§6).

Chaque membre exploitant une ou plusieurs centrales nucléaires détache gratuitement à WANO, y compris Londres, pour 2 à 3 années chacun, parfois 4 ou 5, des experts chevronnés. Combien ? Au départ, un nombre proportionnel au nombre de ses tranches nucléaires, 0,3 personne par tranche.
Ce chiffre a augmenté suite à Fukushima, puis est resté assez stable. Les Centres régionaux se concertent avec les représentants de leurs membres pour ajuster ce chiffre si nécessaire. Des moyens modernes et une formation de l’encadrement permettent de mener des peer reviews (cf. ci-après) avec un peu moins d’experts qu’autrefois. Toujours issus d’au moins 2 centres régionaux différents : c’est important pour que les uns apprennent par les autres et pour favoriser l’esprit  collectif.
L’effectif total de WANO est actuellement d’environ 450 personnes.
•    60% pour l’ensemble des activités techniques,
•    40% pour les activités non techniques : administration, relations publiques, traductions…

3.2    Méthodes de travail
Citons-en 4
3.2.1     L’échange d’informations
Sur son site wano.info WANO n’emploie pas les mots accidents, incidents, échelle de gravité INES.
Chaque centrale, si elle constate un écart significatif de fonctionnement par rapport à la normale, l’analyse, le décrit et envoie l’information aux responsables du Centre Régional auquel elle est affiliée. Celui-ci, après y avoir réfléchi quant à l’importance, transmet à la Planification à Londres, car il peut s’ensuivre des besoins d’assistance. La Planification place alors ce rapport, en anglais, « sur le site Internet de la centrale » où s’est produit l’évènement ».
On parle ici du site WANO privé, accessible à tous les membres de WANO.

Plus de 3000 évènements ont été ainsi analysés en 2015 (une année normale), et ont enrichi l’expérience des membres de WANO.
Périodiquement une synthèse est faite sur le site privé, d’où est établi sans le dire une sorte de classement global des centrales.

3.2.2     Des séminaires et la rédaction de documents,
Essentiellement : Les meilleures pratiques.

3.2.3    Des « peer reviews »

Ce sont des revues par des pairs, c’est-à-dire par des collègues compétents - de nature essentiellement technologique. Il s’agit de faire ressortir et étudier les faiblesses et les forces de la centrale visitée.
Elles sont menées à la demande de la centrale considérée, pour elle-même, ou bien sur décision du staff du Centre régional WANO auquel elle est affiliée. On notera que ce n’est pas du tout à la demande d’un gouvernement ou d’une Autorité de sûreté comme c’est le cas pour les peer reviews par l’AIEA. Chez WANO, on reste entre gens des centrales. Les peer reviews ne sont pas annoncées publiquement. Les rapports ne sont pas publics, sauf exception.
Si WANO désire une telle exception, il fallait obtenir la permission de l’exploitant concerné ou de son gouvernement.
Avant février 2010, ceux-ci avaient le droit de refuser ; et même certains : URSS/Russie, Chine, Japon, ne se sont pas gênés pour publier de fausses informations !
Depuis février 2010 – peu avant Fukushima – un nouvel accord a été signé par les membres de WANO : Chacun d’eux s’engage à mettre en œuvre dans ses propres centrales les dispositions décrites dans une certaine catégorie de rapports, d’intérêt commun, et celles préconisées par les peer reviews dont il aura fait l’objet.
C’est déjà une chose positive !
 Une réserve cependant : Cet engagement écrit, est-on sûr que tout membre le respectera ? C’est probable, mais on entrevoit encore un risque si le membre WANO concerné n’applique pas fidèlement sa promesse, ces recommandations. Théoriquement il pourrait être exclu, mais irait-on jusque là ?

L’effectif permanent de WANO, si l’on appelle ainsi le total des personnels de Londres, d’Atlanta, Moscou, Paris, Tokyo, et de Shanghaï, fournit la totalité des experts d’où seront constituées les équipes pour :
les peer reviews : en moyenne maintenant 15 à 20 experts, bien sûr moins ou plus suivant que la centrale comprend 2 ou 9 tranches
ou l’assistance à une centrale.

On voit ici une différence par rapport à l’AIEA : la plupart des membres de la peer review OSART viennent de l’extérieur de l’Agence : de centrales ou d’organismes où est leur fonction principale. Un tout petit nombre sont de l’AIEA, chargés de choisir et inviter les experts extérieurs et d’organiser.

Revenons à WANO : Une peer review se prépare en constituant des dossiers, puis dure 2 ou 3 semaines. Et 2 ans plus tard environ est organisée une mission de suivi pour discuter à nouveau avec le personnel de la centrale et constater si les recommandations de la peer review, notées dans le rapport, sont bien mises en œuvre.

WANO effectue en temps normal une cinquantaine de peer reviews par an, pour tenir la cadence, décidée après Fukushima, d’une peer review à chaque centrale au minimum tous les 4 ans.

3.2.4    Les « missions d’assistance » à une centrale

Elles peuvent être, ou non, consécutives à une peer review et peuvent concerner des aspects divers de son fonctionnement.

4.    « WANO n’a pas empêché Fukushima ! »
On s’entend dire : Est-ce vraiment efficace ? WANO n’a pas empêché Fukushima !
La cause de l’accident, on le sait bien, n’est pas nucléaire, c’est un tremblement de terre sous la mer suivi d’un gigantesque raz de marée qui a presque tout détruit sur son chemin ! Celui-ci était prévisible avec une probabilité significative, mais TEPCO n’avait pas voulu écouter les conseils. L’Autorité de sûreté ne l’y a pas forcée.

Le monde entier en a tiré des enseignements. Dans ce paragraphe 4 commençons par ceux tirés par WANO, objet de cet article.


4.1  Chaque Centre régional allait, on en a parlé, imposer à ses centrales une peer review tous les 4 ans, au moins une. Pour disposer d’assez d’experts compétents, WANO a créé une formation s’adressant à son encadrement supérieur et intermédiaire, pour multiplier les personnes qui ont acquis une bonne connaissance de plusieurs types de centrales, par leurs affectations successives et par cette formation complémentaire. Non, celle-ci n’est pas proposée par WANO aux agents des centrales. Sauf le jour où, le cas échéant, l’un ou l’autre sera appelé à être détaché dans un des centres WANO !
.
4.2    Fukushima a révélé dans sa centrale Daiichi un manque grave de préparation à réagir :

  • Manque quant à l’organisation de crise - l’expression anglaise « emergency preparedness » est plus explicite -, et quant à la gestion des accidents graves ;
  • quant à l’entreposage d’éléments combustibles usés en piscine.

Ce manque était réel aussi chez WANO : de par ses statuts où sa compétence portait sur les questions d’exploitation des centrales. WANO a étendu son champ et celui de ses peer reviews à ces deux sujets.


Laurent Stricker, alors chairman de WANO, nous avait énoncé en 2012 pour Energies et Médias : « Lors d’une réunion exceptionnelle de son conseil d’administration en octobre 2011, il est décidé, puis chaque membre signe son acceptation, ce qui suit :
… WANO étendra ses revues par des pairs et, plus généralement, son domaine d’intervention à l’évaluation de la capacité et de la volonté de l’exploitant de faire évoluer le design (conception) du réacteur au meilleur niveau possible, au moins pour faire vérifier chez ses membres l’application du « retour d’expérience » mondial....
Eh bien Non, dit d’abord Tim Jeffery, de WANO, Notre domaine, c’est l’exploitation, pas la conception des centrales ! Cela, c’est le rôle d’une Autorité de sûreté, ou de l’AIEA.
Nous avons pu consulter Laurent Stricker. Il a répondu :
« Je peux confirmer de la prise en compte de « certains aspects du design » lors de la refondation de WANO après Fukushima.
Les évolutions de WANO dont celle que vous évoquez ont été votées à l’unanimité des membres lors de la réunion dite « BGM » tenue à Shenzen en Chine en octobre 2011. Je crois qu’AREVA y était représentée.
Cela étant il est vrai que WANO est davantage compétent pour les questions d’exploitation que pour celles touchant au design. Je ne pense pas que le board  de WANO soit revenu en arrière sur ce point, sans pouvoir l’affirmer. »
Lisant ces mots, Tim confirme : « Laurent's answer is absolutely fine, yes that sums it up perfectly. »

 

5.    L’Autorité de sûreté
Cela ne paraît pas, de prime abord, être un sujet à évoquer dans un article sur WANO !
On en parle ici cependant parce qu’on entend dire : « Fukushima est survenu malgré l’existence de WANO ! ».
Il est correct de dire cela d’une façon plus précise : L’Autorité de sûreté nucléaire japonaise n’a pas imposé, n’a pas su imposer à l’exploitant TEPCO les dispositions que divers organismes avaient très vivement recommandées.
Une autorité de sûreté faible, et un opérateur négligent ou malhonnête, cela conduisait à un risque indéniable.

Sans en faire une démonstration, l’UARGA apporte un bref témoignage :

  • Plusieurs d’entre nous, à l’UARGA, ont des choses très négatives à raconter sur l’Autorité de Sûreté nucléaire japonaise de l’époque, manquant gravement d’autorité sur certains exploitants : surtout sur TEPCO pour les centrales nucléaires ; mais aussi pour des installations du cycle du combustible. Il y avait eu 2 morts en 1999 dans un accident de criticité dans une unité de conversion à Tokaï Mura.
  • Dans les hautes instances japonaises, nous l’avons constaté, on savait qu’il fallait davantage faire confiance à un professeur d’université qu’à l’Autorité de sûreté nucléaire pour défendre un projet important devant le Parlement.
  • Pour une centrale TEPCO de Fukushima (c’était d’ailleurs Fukushima Daiini, c’est-à-dire n°2, et pas Daiichi, n°1), le gouvernement japonais avait bien rendu public en 2008 le rapport d’une peer review par l’AIEA (IRRS, Integrated Regulatory Review System) effectuée en 2007. Mais il n’avait pas souhaité en mettre en œuvre les recommandations, et TEPCO n’avait pas accueilli la mission de suivi AIEA qui aurait dû normalement être effectuée 2 ans après !
  • L’Autorité de sûreté … n’avait pas d’autorité. Ceux qui connaissent bien le Japon expliquent que les traditions japonaises et, peut-être, asiatiques ? rendent les rapports d’intransigeance plus difficiles que dans nos pays occidentaux.

Sans couper comme en France toute tutelle du gouvernement sur l’Autorité de Sûreté nucléaire – qui, du coup, n’est plus l’objet d’aucun contrôle, ce qui est peut être excessif -, le Japon a décidé de remplacer l’Autorité de sûreté existante liée au MITI, donc à l’industrie, par une nouvelle autorité de sûreté, NRA. Elle dépend du Ministère de l’Environnement, indépendante de l’industrie.

Avec cette nouvelle Autorité de sûreté nucléaire, et WANO remanié, peut-on maintenant avoir toute confiance du point de vue de la sûreté ? Est-ce la garantie que les recommandations des peer reviews par l’AIEA ou WANO seront appliquées par tous les exploitants comme ils ont pris l’engagement écrit (au moins pour WANO) de le faire ?
L’AIEA, dans le rapport de sa peer review IRRS de 2016 et de la visite de suivi, répond en grand détail en 2020 que beaucoup de choses positives ont été faites ; il reste encore des points à traiter ; nous avons lu dans les conclusions des phrases qui les énumèrent en termes généraux,
WANO, quand on lui demande si l’Autorité de sûreté actuelle permet mieux que la précédente de faire appliquer les recommandations de ses peer reviews, répond qu’elle n’a pas à juger l’Autorité de sûreté.
La conseillère nucléaire à l’Ambassade de France au Japon répond que, en tout cas, la nouvelle Autorité de sûreté est intransigeante vis-à-vis des exploitants quant au respect du délai qu’elle leur impose pour une action.


6.    Le Bureau WANO de Shanghai
Une question taraudait WANO déjà avant Fukushima :

-    Il faudrait pouvoir intervenir pour conseiller des électriciens nucléaires avant que les réacteurs soient construits, en particulier pour les pays d’Asie.
-    Justement, c’est en Asie que se multiplient les projets et la construction de centrales nucléaires. Il fallait saisir l’occasion pour créer un Bureau WANO en Asie pour aider les rouages concernés dans l’élaboration de leur projet et la formation de leur personnel.
-    Cela pourra aussi concerner les projets de SMR, Small Modular Reactors, n’importe où dans le monde.

Aperçu des modules WANO

Le lecteur pourra trouver sur  le site de Wano les informations sur les modules mis en place par WANO pour la conception, la construction et le lancement d'installations nucléaires Un aperçu figure ci-contre.  (Il est certain que l’AIEA fait aussi le nécessaire dans ce but.)
Une « pre-start up peer review » par WANO est organisée environ 6 mois avant le démarrage d’un réacteur.
Jusqu’ici ce sont les centres régionaux et Londres avec un bureau à Hong-Kong aujourd’hui fermé, qui ont petit à petit mis sur pied ce que Shanghai va maintenant apporter.

 

7.    Conclusion

 

7.1    Les échanges systématiques dans WANO entre ses membres, exploitants du monde entier,
apportent à chacun une connaissance, un « retour d’expérience », très féconds.
Le niveau de sûreté et de fiabilité des centrales s’en trouve encore amélioré, pratiquement partout.

Bien sûr malgré les engagements écrits de toutes les centrales nucléaires, toutes membres de WANO ,
il n’est pas impossible que subsiste un mouton noir,
et que simultanément
son Autorité de sûreté ne soit pas parvenue à lui faire prendre le droit chemin.

Ce serait alors ses installations qui pourraient être moins sûres,
heureusement pas les autres installations du monde.



7.2    WANO est aussi en train de mettre en place une solution pour prendre à la racine la question des nouveaux pays qui veulent se lancer dans le nucléaire. Ce serait plutôt à l’AIEA de retenir, au sens négatif du mot, ceux pour qui se lancer ainsi ne serait pas raisonnable.
Aux autres, en se concertant avec l’AIEA, WANO s’efforce d’apporter concrètement, très tôt et tout au long de leur projet, les diverses formations dont ils auront besoin. Le Bureau de Shanghai, qui est en train d’ouvrir, est destiné à cela.

 10/2021

UARGA : Union d'associations de retraités et d'anciens du nucléaire
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