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Un Nucléaire durable : les réacteurs rapides (01/02/2023)

Public et politiques perçoivent de moins en moins confusément que le remplacement des énergies fossiles passe par un déploiement electronucleaire. Mais il n'y aura pas de durabilité pour cette filière sans l'élégante solution des surgénérateurs.

Voici pourquoi il y a urgence a ce que la France soit de nouveau active dans cette aventure.

 

Eléments de contexte:
Pour l’heure, l’énergie, à 80 % carbonée, qui anime le système mondial, est passée du simple au double ces 40 dernières années, à un pas annuel proche de 2%, une progression irrésistible qui s’appuie sur une démographie toujours en expansion (8 Mds d’âmes aujourd’hui, 10 pour les années 2050) et qui s’urbanise à tout va (effet majorant) : l’accroissement des émissions CO2 a été de 45% depuis l’année 2000!
Il est pourtant bien désormais admis que l’atténuation des conséquences potentiellement létales, pour l’humanité, du réchauffement climatique, passe par un abandon des énergies fossiles et ce à plus brève échéance possible.
Nous sommes donc bien confrontés à une problématique du comment faire, tant, manifestement, l’affaire est énorme.

 

Electrification décarbonée

 On pourra sans doute faire un tri dans nos consommations en vue de réductions (attention cependant à l’effet rebond*) mais une évidence reste : le monde aura besoin de beaucoup d’énergie pour que l’humanité puisse pallier à son environnement dégradé.

Une seule issue : avoir de plus en plus recours à une électricité dont la production n’émettra pas de gaz à effet de serre, une électricité décarbonée. Il est ainsi recommandé d’accroître la part de cette énergie dans le mix énergétique mondial (environ 7 % aujourd’hui) jusqu’à atteindre 50 % dès 2040...  
Faute de grande possibilité d’expansion des barrages, seuls restent en lice, les autres renouvelables et le nucléaire.
Dans cette logique,  insensiblement, les états sont de plus en plus nombreux à investir dans cette dernière alternative (au premier rang, la Chine avec un objectif de 179 réacteurs), suscitant une vague de grande ampleur.

 

Nouvelle problématique nucléaire

Depuis un premier pic d’expansion durant les années 70-80 et malgré de remarquables exploits techniques, l’énergie nucléaire a connu une suite de petits hauts et de grands bas. Matraquée par une communication singulièrement efficace à chaque accident de centrale, elle s’est néanmoins maintenue à bas bruit, générant 10 % de l’électricité mondiale.  
La vague actuelle diffère des précédentes en ce que, précisément, elle ne concurrence plus la redoutable et omnipotente industrie carbonée mais la remplace. D’autre part son alternative renouvelable a de très grandes faiblesses structurelles qui lui empêchent d’être un substitut à 100 % sur les réseaux électriques : son intermittence, son emprise au sol et sa consommation élevée de ressources naturelles.  
Pour la première fois dans l’histoire de l’énergie, le nucléaire est devenu incontournable!

 

La solution  « rapides »

Certes l’objectif 50 % électrique décarboné ne pourra jamais être atteint en 2040 mais, les évidences du réchauffement s’accumulant, une forte dynamique  de construction de centrales s’est résolument mise en place. Pour fixer les ordres de grandeur en jeux : la proportion électronucléaire resterait-elle à 10 % que l’objectif 2040 signifierait multiplier par 2,5 le parc actuel (444 réacteurs).
Sans être grand clerc, attendons-nous donc à subir dans les prochaines décennies des tensions sur le marché de l’uranium. Un changement majeur dans l’optimisation des ressources fissiles va être nécessaire,
Cette optimisation a une clé : les réacteurs à neutrons rapides( RNR)  qui permettent de récupérer la totalité du potentiel énergétique de l’uranium alors que la filière actuelle(à neutrons lents) ne s’intéresse qu’à la seule composante isotopique 235 ( limitée à 0,7% de l’uranium total).
Conclusion corollaire à la vague actuelle : l’arrivée massive des RNR au tournant du siècle est inéluctable,

Remarquons que pleinement conscients de cette réalité, Chine, Russie et Inde investissent activement dans cette filière : ils seront prêts...

 

Le cas français

Le nucléaire français fut pionnier dans le domaine des RNR avec Superphenix.
Dans un contexte d’uranium abondant, un simple joint  néoprène défectueux, Tchernobyl et surtout les premiers états d’âme de la classe politique lui furent fatals en 1998. Depuis, dilapidant délibérément une avance de 20 ans et une infrastructure propice, l’action publique s‘est employée à en parachever l’hallali en arrêtant, il y a peu (2019) le dernier projet qui cristallisait encore notre savoir faire en la matière  sous le beau nom d’Astrid.

 

Le Retour

Il semble que la France ait de nouveau accepté la réalité du monde et retrouvé la voie de la raison. Désormais, dans un esprit de recherche de l’excellence nous avons décidé, avec la bénédiction de l’opinion (70 % favorable) de relancer notre industrie électronucléaire.
Mais un paramètre semble faire défaut à cette vertueuse renaissance : l’indépendance énergétique.
En avant goût du recul de la mondialisation sous pression climatique, la crise Ukrainienne nous en a pourtant démontré l’importance. Sommes-nous vraiment sûrs en la matière ?
Dans le domaine nucléaire, les seules garanties de cette indépendance sont les RNR.
Nous avons encore la matière grise, nous détenons dans le recyclage et le retraitement une mine de savoir faire et de structures à cet effet, unique : L’usine de La Hague est la seule usine de retraitement en opération du monde occidental. Nous avons également des stocks importants d’uranium  appauvri pour nourrir ces réacteurs.  
Ne nous contentons pas de réussir les EPR mais relançons dorénavant et sans tarder la filière Rapides dont nous et l’Europe aurons besoin demain. De grâce, ne laissons pas perdre cette richesse !

 

Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE)

Dans ces domaines, rien ne peut se faire sans des engagements raisonnés sur le long terme.
La Programmation Pluriannuelle de l’Energie ou PPE est un premier pas dans cette direction.Elle devrait être refondée avant juin prochain, La loi Climat Energie passe en Juin au parlement.
Non seulement pour cette nouvelle donne, faut-il en finir avec la fermeture des réacteurs prévue sous le mandat Hollande, mais aussi remettre en place les conditions d’une filière Rapide avec pour objectif, non seulement un réacteur mais toutes les infrastructures du cycle du combustible qui lui seront indispensables. A cet effet, il faut remobiliser le CEA et ses capacités de R &D, redonner vigueur à sa vocation premièree : l’atome au service de tous.
La mise en place de la filière RNR prendra du temps : Il est urgent de nous y atteler.

 

*Effet rebond : une amélioration technologique peut induire un changement de comportement de l’utilisateur qui au final annule les gains que l’on escomptait tirer de l’innovation. Ainsi l’amélioration de la sobriété des moteurs s’est finalement traduite a l’échelle européenne par une augmentation des émissions de CO2 liées au transport : l’utilisateur a tiré parti de la moindre consommation intrinsèque pour rouler plus.

 

UARGA : Union d'associations de retraités et d'anciens du nucléaire
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