![]() Le réacteur à eau lourde index Dans le principe du réacteur nucléaire, il est rappelé qu’un modérateur est utile pour obtenir une réaction en chaîne, en ralentissant les neutrons. Les meilleurs ralentisseurs sont les atomes légers : l’hydrogène et son premier isotope le deutérium, le béryllium, le bore, le carbone. Mais il faut que le modérateur n’absorbe pas ou très peu les neutrons. Cette seconde règle conduit à éliminer le bore dont un isotope est un poison pour les neutrons. Les deux meilleurs restent, dans l’ordre, le deutérium et le carbone. Lorsque l’eau ne contient que du deutérium, elle est appelée eau lourde et ses propriétés physiques en ont fait un produit très recherché au début de la seconde guerre mondiale. (La bataille de l’eau lourde, célèbre film !) Le premier réacteur, construit à Chicago par Enrico Fermi, utilisait le graphite comme modérateur, alors que, peu après, le Canada misait sur l’eau lourde pour son premier réacteur expérimental. De même, le CEA en 1947, construisait sa première expérience française, ZOE, dans une cuve d’eau lourde. Les premiers réacteurs industriels dans le monde, dans les années 1942 à1948, avaient pour principal objectif la production de plutonium, qu’ils soient du type graphite/gaz/métal ou eau lourde/oxyde. Cependant, très vite les promoteurs ont pensé à la production d’énergie. Pour éviter de mettre sous pression de grands volumes d’eau lourde, avec des risques de perte d’un fluide coûteux, la disposition la plus répandue est celle d’une cuve « calandre »,traversée par des tubes de force horizontaux. La cuve est remplie d’eau lourde à pression atmosphérique. Les tubes de force contiennent, chacun, une colonne de plusieurs grappes combustibles. Chaque grappe est constituée de 20 à 25 petits crayons, longs de 50 centimètres et de 12 à 14 mm. de diamètre. Les colonnes de grappes sont poussées dans chaque tube de calandre, la plus usée sortant quand une grappe neuve est introduite. Cette disposition permet de renouveler le combustible sans arrêter le réacteur. Chaque crayon est rempli de pastilles d’oxyde d’uranium naturel. En sortie de cœur, l’épuisement du combustible est très poussé, il n’est donc pas envisagé de le retraiter pour le recyclage des matières fissiles encore contenues. Le cycle du combustible est ainsi réduit : pas d’enrichissement d’uranium, pas de recyclage. Cette simplicité est très séduisante. Par contre, le contrôle international de matières « sensibles » telles que le plutonium pose quelques problèmes. Pour diverses autres raisons cette voie n’est pas retenue comme voie d’avenir. Deux dispositions ont été utilisées selon les concepteurs. JGN 11/09/2005
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