![]() Consommation et transformation d'énergie
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Pendant des millénaires, fruits, gibier, puis céréales et plus généralement l’agriculture, ont été les sources d’énergie que l’homme a utilisées pour les transformer en force musculaire….et un peu en énergie cérébrale! Ce n’est qu’à une époque relativement récente qu’il a utilisé la force des animaux domestiques …ainsi que celles des esclaves lorsque des structures sociales plus élaborées le lui ont permis. Plus tardivement encore, l’usage des moulins d’abord, puis de la vapeur ont apporté à l’homme une capacité supérieure à sa seule force musculaire. Puis ce fut l’ère des combustibles fossiles, charbon d’abord puis pétrole et plus récemment gaz naturel. Ensuite, très récemment à l’échelle de l’évolution humaine, l’usage de l’énergie électrique a facilité le transport de l’énergie et son arrivée au point d’utilisation. Enfin, depuis à peine 50 ans, on a réussi à se dispenser des énergies fossiles pour produire de l’électricité[1], grâce à l’énergie nucléaire. Une source d’énergie abondante et bon marché est, certes, la condition nécessaire du progrès et d’une certaine libération de l’homme, par la réduction de la pénibilité des tâches, la réduction de la durée et des risques du travail, ainsi que celles des risques sanitaires, mais jusqu’où peut-on aller? Les statistiques de durée moyenne de vie dans les différents pays du globe ont montré qu’il y a corrélation entre la durée moyenne de vie et la consommation d’énergie, au moins jusqu’à l’atteinte d’un minimum qui semble être aux alentours de 1,5 à 2 tep (tonnes équivalent pétrole) par habitant et par an (France 4,2 tep, Afrique 0,7 tep, États Unis 7,9). 2 – Énergie primaire - Énergie secondaire – Transformation d’énergie Les spécialistes distinguent généralement les sources ou formes d’énergies primaires et les énergies secondaires. Les énergies dites primaires sont celles qu’offre la Nature sans intervention humaine pour les créer. Ce sont donc le bois, les combustibles fossiles, l’énergie hydraulique, l’énergie géothermique, solaire ou éolienne, l’énergie de fission (et peut-être, un jour, de fusion) contenue dans le combustible nucléaire, etc. Les énergies secondaires sont le résultat d’une transformation apportée par l’homme à une énergie primairepour faciliter son utilisation; c’est le cas par exemple de l’électricité, de l’essence ou l’énergie thermique de la vapeur obtenue après combustion d’un combustible fossile, ou encore de l’hydrogène obtenu après craquage de l’eau (pour ce dernier, on dit souvent que c’est un vecteur d’énergie). Cette transformation s’effectue, dans tous les cas, avec un certain rendement, donc avec une certaine perte d’énergie. Pour un pays ou un groupe de pays donné, les consommations d’énergie primaire seront donc toujours supérieures à celles d’énergie secondaire, ces dernières reflétant mieux les besoins réels des populations, tandis que la connaissance des premières sera nécessaire pour la gestion des ressources à l’échelle du pays ou du globe. On utilise quelquefois le terme «vecteur d’énergie» au lieu d’énergie secondaire; on trouve encore le terme «énergie finale» pour indiquer que c’est celle qui est finalement utilisée (pensez à l’essence ou tout autre fuel utilisé dans les transports, pensez à l’électricité, etc.) Regardons d’abord comment ces énergies sont consommées: La question des réserves, à l’échelle du globe ou d’un pays, est abordée dans la rubrique Ressources On examinera particulièrement les tableaux qui suivent en essayant d’en tirer quelques enseignements. 2.1 La consommation d’énergie primaire 2.1.1 Répartition selon les sources d’énergie primaire:
TABLEAU 1
Pétrole Charbon Gaz Nucléaire Hydraulique Biomasse -essentiel bois- Autres Renouvelables Mtep ou équivalent 3793 2775 2311 719 243 1172 44 Mt (millions de tonnes) 3300[2] 4162 1964 0,06 n.a. 2930 n.a. TWh 1169 6945 3420 2738 2809 ε 366 N.B. On rappelle que Mtep signifie millions de tonnes équivalent pétrole (Mtoe en anglais); approximativement 1Mtep = 1,5 Mtec (charbon) = 0,85 Mt de gaz naturel = 11,63 TWh d’électricité; ces valeurs d’équivalence sont celles recommandées par l’ONU pour effectuer des comparaisons. On notera:
Quelques remarques sur l’évolution possible des tendances:
Il est par ailleurs difficile d’imaginer, à court et même moyen terme, une croissance importante des énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie) sauf peut-être en ce qui concerne le solaire thermiquepour le chauffage des habitations; et l’hydraulique est proche de son plafond! Quant au nucléaire, la taille des investissements et les délais de réalisation font que la croissance (souhaitable) de ce mode de production d’énergie ne peut être que progressive, même si les résistances sociétales s‘atténuent ou disparaissent. Voilà, en termes simples, le problème posé au monde d’aujourd’hui. Tous ceux qui refusent de voir la réalité et se réfugient derrière des arguments fallacieux sur les potentialités des énergies renouvelables, celles des économies d’énergie, ou qui minimisent l’effet du CO2 sur le réchauffement de la planète, ne font que tromper l’opinion publique. Non seulement on aura besoin de toutes les énergies (y compris un développement important du nucléaire et les économies d’énergie), mais en plus il faudra apprendre à séquestrer le CO2 si on veut continuer à utiliser massivement le charbon Voyons maintenant qui consomme cette énergie 2.1.2. Répartition géographique de la consommation:
TABLEAU 2
Ce tableau permet de comprendre que, durant les décennies à venir, la consommation mondiale d’énergie primaire ne peut que croître de manière importante. Si l’ensemble des pays consommait en moyenne 4tep/hab. (c’est la consommation actuelle européenne), la consommation mondiale serait supérieure de 225 %à celle que nous constatons en 2004!! On constate – ce qui ne surprendra personne - que la consommation d’énergie primaire est extrêmement disparate selon les zones examinées. Le record de consommation individuelle (pour un grand pays, car quelques pays du Golfe Persique sont encore plus gourmands en énergie) est détenu par les Etats-Unis[3], tandis que la consommation est particulièrement faible en Afrique. On trouve le même reflet si l’on rapporte cette consommation au PNB des divers pays ou zones. On remarque d’ailleurs que la consommation, dans un premier temps, croît avec la valeur du PNB/hab. mais qu’elle tend ensuite vers une asymptote[4]. De toute manière, un grand nombre de pays représentant une population importante, voire majoritaire (la Chine + l’Inde représentent à elles seules 35% de la population mondiale en 2004), sont en pleine phase de développement et entrent dans une phase de croissance forte de leur consommation d’énergie.
Enfin, à quoi sert cette énergie? Elle est utilisée dans un grand nombre de secteurs de la vie courante ou industrielle, les transports, le chauffage etc. Il est intéressant d’en noter la répartition: TABLEAU 4
Notas: 1) La France consomme annuellement 260 Mtep d’énergie primaire, mais la consommation finale réelle n’est pourtant que de 170 Mtep, compte tenu des rendements pour obtenir l’énergie secondaire finalement utilisée, notamment l’électricité. 2) Les transports dépassent maintenant les besoins industriels, tandis que le résidentiel et tertiaire ont considérablement augmenté au cours des 30 dernières années. Noter la faible part de l’agriculture. 3) Dans le monde, selon l’ONU, 26,9% de la consommation en énergie primaire est utilisé par l’industrie, 25,8% par les transports, 8% pour l’agriculture, le restant (39,3%) étant pour le résidentiel et le tertiaire. 2.2. Énergie secondaire; cas de l’électricité
ZONE MONDE OCDE USA EUROPE CHINE AFRIQUE FRANCE TWh 17450 10121 3920 2950 2234 1518 470 Nota:TWh, mille milliards de watt.heure ou 1 milliard de kWh Il s’agit là de la production d’électricité, sachant que la conso TABLEAU 6
ZONE MONDE OCDE USA EUROPE CHINE AFRIQUE FRANCE kWh/hab. et par an 2516 8204 13338 6565 1607 547 7689 On retrouve, de manière accentuée, la disparité de consommation constatée pour l’énergie primaire entre les zones géographiques tant pour ce qui est de la consommation totale que pour la consommation par habitant. L’ONU estime que près de deux milliards d’hommes n’avaient pas accès à l’électricité en 2004.
Enfin, voyons quelle est l’origine primaire de cette production d’électricité. TABLEAU 7
On constate qu’une fraction très importante (66%) de l’électricité consommée dans le monde reste produite à partir de combustibles fossiles. Si l’on tient compte, d’une part des rejets en CO2 qui en résultent et d’autre part du faible rendement de la conversion en énergie électrique, on ne peut qu’être réservé sur ce mode de production dans l’avenir. En dehors de l’hydraulique et de certaines énergies renouvelables (solaire et éolien), l’électricité est produite par l’intermédiaire de la vapeur: c’est ce qui fait que, si la consommation mondiale en énergies primaires est de 11059 Mtep (en 2004), la consommation finale (énergie effectivement utilisée) n’est que de 7644 Mtep (69,1%). Cela est bien sûr une source d’erreurs et de confusion: regardez bien les hypothèses quand vous consultez des données publiées (c’est comme pour les contrats d’assurance: il faut bien lire les petits caractères!). Pour l’électricité aussi, on a une situation analogue: si la production mondiale (en 2004) était de 17450 TWh, la consommation finale était de 15985 TWh (91,6%); la différence est due à l’électricité consommée par les organes de production et de distribution (centrales, transformateurs, etc.) et surtout aux pertes en ligne, haute, moyenne et basse tensions. C’est pour essayer d’éviter de gâcher cette énergie primaire qui ne sert à rien, sauf à chauffer les petits oiseaux et les poissons, qu’ il y a beaucoup d’efforts de recherche en cours pour augmenter les rendements dans tous les domaines de la production et de la distributiond’énergie: les centrales au gaz et celles dites «combinées» participent à cet effort, comme d’ailleurs les programmes de R & D sur les réacteurs nucléaires de génération IV; dans tous les cas on veut s’affranchir des limites imposées par la deuxième loi de la thermodynamique qui limite le rendement pratique de production d’électricité à partir de vapeur aux alentours de 35- 40%; deux grandes voies sont suivies (elles ne sont pas incompatibles entre elles):
[1] Tout au moins à grande échelle, car l’hydroélectricité existe depuis plus de 50 ans.
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